Le château de Saint-Amand

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Historique :
Château construit sur l’emplacement d’une forteresse féodale édifiée sur le tracé de l’ancienne voie romaine qui reliait Autun (Augustodunum) à Paris (Lutetia) et sans doute Orléans (Genabum).
Une telle voie avait une importance stratégique considérable et il n’est pas douteux que ce château fut un enjeu important. Il s’agit donc d’une terre très ancienne appartenant jusqu’en 1255 à la famille de Itier de Narbonne, baron de Toucy, Seigneur de Puisaye et Saint-Amand. A cette date, il passe par mariage à Louis Thibaut comte de Bar dont les descendants tiennent le fief jusqu’au 15ème siècle. On suppose qu’il fut en grande partie détruit lorsqu’en 1404 le nouveau duc de Bourgogne, Jean sans peur, jetant son armée sur l’Auxerrois, ravagea la Puisaye, ne laissant de Toucy, Saint-Amand et Donzy que des ruines fumantes. La guerre opposant Armagnacs et Bourguignons, de 1408 à 1412, allait achever de dévaster la région.
Le château, tel qu’il existe aujourd’hui, fut reconstruit en totalité à l’époque de la renaissance, vers 1530 par Antoine de Rochechouart, chambellan du roi François 1er, à la même époque où celui-ci faisait construire Chambord. Ce Rochechouart était un très grand seigneur, successivement gouverneur de La Rochelle, sénéchal de Toulouse et d’Albigeois, lieutenant-général du gouvernement de Languedoc, commandant de la légion de cette province lors de la défense de Marseille contre Charles Quint, en 1536. Blessé grièvement en 1544 à la bataille de Cérisole, il mourut peu après.
Après le décès de son épouse, Catherine de Faudoas-Barbazon, en 1560, leur fils Charles de Rochechouart-Barbazon, colonel de gens de pieds, n’ayant pas d’héritier mâle, le château tombe en indivision entre les Chabots, baron de Jarnac et les Du Breuil, sires de Théron, puis les Bourdeille, sires de Matha, et les Rouault, sires de Thiembrune. En 1659, le cardinal Mazarin faisait l’acquisition du duché de Nevers et de la seigneurie de Saint-Amand-en-Puisaye, qu’il léguait à son petit-neveu, Philippe Julien Mancini.
Léonard Guyot de Montchougny, secrétaire du Roy, Receveur Général des aides et des domaines, l’acheta en 1710 et ses descendants devenus marquis de Saint-Amand en 1760, le conservèrent jusqu’en 1896. Deux ans plus tard, un ingénieur sorti de l’Ecole Centrale, Paul-Cyprien Loe-Weinguth, qui avait changé ce nom alsacien contre le pseudonyme de Jeanneney, s’y installa et transforma les communs en atelier où il pratiquait en grand artiste l’art de l’émaillage.
A sa mort, le 13 août 1920, le docteur Arsène Fié, maire de Saint-Amand, proposa au conseil municipal de l’acquérir, ce que celui-ci refusa à une voix de majorité.
Le 8 mai 1921, le château est acquis par Monsieur Gabriel Alexandre Griès, architecte demeurant A Paris, 40 Avenue Janot. Il le conserva jusqu’au 13 juin 1926, date à laquelle, le comte Nils de Barck, aristocrate suédois, céramiste artiste peintre, lui succède. Il décède le 2 septembre 1930, sa tombe est visible dans le cimetière de Saint-Amand. Son épouse conservera le château jusqu’au 3 février 1935.
Le nouveau propriétaire est Monsieur Jules Guiraud, gouverneur général honoraire de la Banque de France. Pendant douze ans, le château restera sa propriété. Il est acquis le 18 octobre 1947 par la ville d’Antony pour y installer une colonie de vacances.
L’erreur de la municipalité de 1920 a été réparée, 65 plus tard, Saint-Amand devient propriétaire le 4 octobre 1985.
Architecture :
Ceinturé de douves sèches, il se compose d’un grand corps de logis, flanqué de deux pavillons assez massifs, que couronnent de faux mâchicoulis. C’est une construction de briques et de pierres. Une certaine asymétrie règne dans le percement des ouvertures. Tout le luxe de la décoration paraît avoir été concentré dans les lucarnes, d’une grande élégance, qui supportent la comparaison, a déclaré Monsieur de Gauléjac, lors d’une visite de la Camosine, avec celle des châteaux de Blois, de Chambord ; d’Azay-le-Rideau ou d’Ecouen.
Les grosses souches des cheminées sont sobrement décorées.
A l’intérieur, l’attention se porte principalement sur les escaliers de pierre, le plus grand, au centre, est coiffé d’une belle voûte, d’une particulière élégance, couvre au premier étage, l’ancienne chapelle ; elle est ornée d’un réseau de nervures gothiques avec lierre et liserons
L’ancienne cuisine présente aussi un certain intérêt.

Le château de Saint-Amand-en-Puisaye est un des plus importants châteaux de la Renaissance dans le Nivernais. Il abrite aujourd'hui un musée consacré à la céramique, activité qui fait la renommée de la ville et de ses environs.
Inscrit aux monuments historiques en 1986, il a ensuite été classé par arrêté du 28 novembre 1991.