Le Tacot à Saint-Amand

Ah! Le tacot !

Un peu de notre histoire...

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Dès 1877, on a commencé de parler d'un chemin de fer Cosne-sur-Loire/Saint-Amand/Saint-Sauveur.En 1898, le trajet concernant Cosne-sur-Loire/Saint-Amand est défini et l'autorisation pour lancer l'enquête d'utilité publique est lancée.
En 1902 le projet d'exécution définitif est accordé.
Les usagers locaux s'impatientent et s'inquiètent des retards.

Le 21 juin 1905, l'inauguration a enfin lieu.

La longueur de la ligne est de 21.782 km avec une voie unique d'un mètre de large dédoublée à chaque gare à laquelle s'y adjoint une ou deux voies de service.L'implantation de la gare de Saint-Amand est placée de telle manière que l'on puisse prolonger la ligne jusqu'à Saint-Sauveur (le projet de ce prolongement, un vrai serpent de mer, ne sera définitivement abandonné qu'en 1928).

Un service de trois trains par jour dans chaque sens, est prévu. Ils mettent 1h05 à 1h10 pour faire le trajet, soit une vitesse moyenne d'environ 20km/h, avec des pointes de près de 30km/h en descente ou sur le plat. Certaines pentes assez fortes du parcours occasionnaient des ralentissements qui pouvaient aller, en cas de surcharge manifeste (les retours de foire par exemple) jusqu'à contraindre les voyageurs à descendre du train jusqu'en fin de montée. Ces zones à faible vitesse étaient mises à profit par les gamins qui descendaient et couraient le long de la voie, au grand dam du chef du train.

Les trains comprenaient 3 à 7 wagons dont au moins une voiture de voyageurs mixte (1ère-2ème classe) à bogies comportant deux compartiments séparés par une cloison, un fourgon à bagages à essieux et un nombre variable de wagons de divers types : couverts, tombereaux, plateformes à traverse mobile et une grue roulante de 10T manœuvrable à bras.
Il étaient tractés par des locomotives à vapeur de marque CORPET et LOUVET.
En 1935 on affecta à la ligne un autorail DE DION - BOUTON de 85 ch pouvant transporter 40 voyageurs à une vitesse commerciale de 26km/h.

Des marchandises très variées étaient transportées : scories, argile, poteries, ocres, bois, céréales, bétail et service du courrier postal. Elles étaient distribuées en deux classes : celle voyageant à grande vitesse comme les voyageurs et celles convoyées en petite vitesse par des trains spéciaux. L'argile représenta un gros apport de fret. Elle était chargée soit à la gare de Saint-Amand, soit amenée par des embranchements industriels spéciaux, l'un établi vers les Beaux Arts, un autres à la carrière des Perchets. L'ocre était chargée au Ligers à Bitry.

Dès la fin de la guerre, en 1918, les tarifs augmentent considérablement. Les voyageurs deviennent moins nombreux. En 1926, les tarifs de transport pour les blés, farines et pommes de terre augmente de 300 à 370%. La subvention normale de l'état au département est abaissée. La crise économique mondiale fait aussi sentir ses effets. Et malgré les protestations, la supression du tacot est effective le 16 mars 1939.

AC

Sources : groupe de recherches archéologiques "Condate".